Le divorce pour faute : étapes et inconvénients

Le divorce pour faute peut se demander si l’un du couple a manqué aux obligations et aux devoirs au mariage. Et cela rend impossible la continuité de la vie commune. Le divorce pour faute appartient au type de divorce contentieux. C’est donc au juge des affaires familiales de fixer les conséquences personnelles et patrimoniales.

La caractéristique de la faute

Pour que le divorce pour faute soit lancé, le conjoint qui le demande doit fournir les preuves de la faute avec l’aide de son avocat. La faute peut être justifiée par tout le monde, mais elle ne doit pas être obtenue par une fraude, une violence, une atteinte à la vie privée du fautif, ou par témoignage des descendants.  Il est donc judicieux de votre part de collaborer avec votre avocat pour constituer la preuve. Notons que le divorce pour faute peut se demander si l’un commit une violation des obligations et des devoirs du mariage tels que le devoir de respect, l’obligation de vie commune, le devoir d’assistance et de secours, l’obligation de fidélité, et autres. Cette violation peut être grave et/ou renouvelée. Le manquement du devoir lié au mariage a un caractère imputable au conjoint qui l’a fait, et surtout il doit rendre l’impossibilité du maintien de la vie commune. Sachez que si les deux époux sont fautifs, la faute du demandeur peut alléger la gravité des faits reprochés.

Les étapes du divorce pour faute

Le juge aux affaires familiales est compétent pour trancher le divorce pour faute. Et le recours à un avocat paraît obligatoire. Pour commencer, une requête doit être déposée auprès du greffe du tribunal compétent sans avoir y indiquer le motif du divorce. Ensuite, le juge procède à une tentative de conciliation et fixe les mesures provisoires.  La conciliation est obligatoire avant toute audience. Si cela ne réussit pas, le juge rend une ordonnance de non-conciliation. À  trois mois de non-conciliation, l’assignation peut commencer. Et pour finir, le divorce pour faute est prononcé par le juge avec le sort des biens communs. Mais avant cette décision, plusieurs audiences sont effectuées. À l’issue de la procédure, le jugement peut être le rejet de la demande pour faute, ou des torts partagés des époux, ou le divorce pour faute. Les modalités de garde des enfants et le montant de la pension alimentaire sont aussi prononcés avec le divorce.

Les inconvénients majeurs

Indéniablement, le divorce pour faute présente des inconvénients notables tels que :

  • Il s’agit d’une procédure coûteuse et longue : c’est parce qu’elle est très complexe. En général, elle dure entre 18 et 36 mois. Elle est très chère, car elle constitue les honoraires de l’avocat, les divers frais du tribunal, l’assemblage des preuves, et autres.
  • Il s’agit aussi d’une procédure éprouvante, non seulement pour les conjoints, mais surtout pour les enfants. Elle provoque des conséquences néfastes sur la relation familiale.
  • Les dommages et les intérêts sont très limités
  • En principe, le divorce pour faute entraîne le versement des prestations compensatoires.

La constitution de son dossier de divorce : quels sont les documents indispensables ?

Afin de faciliter la constitution de son dossier de divorce, il est indispensable de fournir dans le délai nécessaire un dossier de divorce le plus complet. C’est une démarche cruciale afin que l’avocat puisse appréhender le plus tôt possible la situation des époux. Le manque d’un document ou d’une pièce maîtresse utiles pour un dossier de divorce complique l’aboutissement à un divorce et retardera la procédure du divorce.

Optimiser le temps en fournissant un dossier complet à votre avocat

Plus vous arrivez à compléter votre dossier le plus vite possible, plus la procédure sera très rapide. Dans ce cas, vous devriez miser sur tous les efforts pour donner à son avocat le plus de pièces possible afin que celui-ci puisse rédiger la convention de divorce dans une atmosphère sereine et dans un délai de réflexion suffisante. Au cas où toutes les pièces essentielles ne sont pas fournies par les époux, l’avocat est en droit de refuser la convention du divorce. En cas de divorce, les époux doivent préparer les documents suivants:

  • Les papiers d’identité des deux conjoints;
  • Le titre de séjour de l’un des époux ou des deux époux s’il s’agit de citoyens étrangers résidant en France;
  • Le livret de famille, si le mariage a été enregistré en France;
  • La demande de divorce;
  • L’accord rédigé par les époux;
  • Des informations sur les biens et les avoirs des époux;
  • Des informations sur le revenu de chaque conjoint;
  • Les informations sur les enfants (le cas échéant);
  • Le contrat prénuptial (le cas échéant).

 Comment se termine la procédure de divorce en France ?

Quelles que soient les causes du divorce en France, la division des biens après le divorce constitue une étape importante. La procédure de divorce comprend la liquidation du régime matrimonial et le partage des biens acquis pendant la période du mariage. Le régime matrimonial en France comprend une série de dispositions légales pour les époux qui les aident à régir leurs relations financières pendant et après la fin du mariage.

Conciliation en cas de divorce

La conciliation est requise dans le cas où la procédure de divorce est terminée devant un tribunal, conformément à la loi française sur la famille. Le juge tentera de réconcilier les époux lors des premières audiences et parmi les mesures prises par le tribunal et la possibilité que les époux aient des résidences distinctes. Si la réconciliation ne peut pas aider le couple, le juge va alors:

  • Décider du conjoint qui utilisera le foyer conjugal. Le parent responsable de la garde des enfants sera autorisé à l’utiliser dans la plupart des cas;
  • Décide du lieu de résidence et de garde des enfants, ainsi que de la pension alimentaire et du soutien psychologique et moral;
  • Dresser un inventaire estimatif des biens acquis par les époux au cours du mariage;
  • Fixer les dates et les modalités du paiement de la pension alimentaire, conformément à la loi;
  • Designer un notaire pour élaborer un plan de liquidation des biens matrimoniaux des époux.

Le partage des biens en cas de divorce

Un divorce entre un couple met fin non seulement au contrat de mariage et à sa relation entre couples, mais exige également que les biens des époux soient divisés selon le régime matrimonial qu’ils ont choisi ; régime communautaire ou régime séparatiste. Lors du divorce, le couple est tenu de décider de ce qu’il veut faire de ses biens meubles et immobiliers obtenus dans le cadre d’un mariage légitime. Le couple peut détenir les biens conjointement ou au nom de l’un des époux.

Lorsque la propriété est détenue conjointement

Si les biens sont détenus conjointement par les couples, ils peuvent être divisés en fonction de leurs fonds propres. Pour obtenir un résultat juste sur les enjeux individuels, vous pouvez évaluer la propriété, sur la base de la valeur marchande de la propriété. Des problèmes se posent toujours sur le sort d’un logement familial. Les règles juridiques applicables sont déterminées en fonction de plusieurs facteurs, s’il s’agissait d’une propriété commune ou d’un seul conjoint.

D’autres options disponibles pour le partage des biens détenus conjointement

Les options suivantes sont disponibles si la propriété est détenue conjointement :

  • Vendre la propriété: vendre la propriété et partager en fonction des capitaux propres individuels. S’il y a un emprunt à assumer sur la propriété, remboursez le prêt et divisez le prix de vente extrait de l’emprunt en part égale.
  • L’un des conjoints peut conserver la maison: si l’un des époux a l’intention de conserver la maison, il peut racheter la part de l’autre en fonction de la valeur marchande. En conséquence, l’accord doit se faire par écrit et le transfert du titre à l’autre conjoint doit être effectué.
  • La maison reste une propriété commune: le couple peut décider de conserver la propriété afin de minimiser les incidences fiscales ou de tirer parti de l’appréciation de la valeur de la propriété. Dans ce cas, il est important que vous définissiez correctement les responsabilités de chacun en ce qui concerne l’entretien du lieu et le paiement des charges liées à la propriété.

Le partage des biens est beaucoup plus facile, dans le cas d’un divorce mutuel. Dans de tels scénarios, le conjoint peut décider ensemble de la manière dont il souhaite disposer du bien.

Lorsque le titre de la propriété est au nom de l’épouse

D’autre part, lorsque l’homme achète une propriété avec son propre budget et l’enregistre au nom de son épouse, pour bénéficier de frais d’enregistrement moins élevés ; dans de tels scénarios, l’épouse peut continuer à conserver la propriété de la maison. Ce n’est que lorsqu’une personne est en mesure de prouver au tribunal qu’elle a financé l’achat d’une propriété qu’elle aura droit à une part de celle-ci, même si le titre peut être au nom de l’autre personne.

Les trois causes permises pour engager les procédures

En droit, on appelle motifs les causes du divorce. Les motifs pour divorcer sont les mêmes pour les deux époux, car l’homme comme la femme peut invoquer l’un des trois motifs pour engager les procédures de divorce. D’ailleurs, dans le cadre d’un divorce, un époux n’a pas besoin de l’approbation de l’autre pour obtenir l’accord. Peut-on donc demander un divorce pour n’importe quelle cause? Généralement, les motifs se classent en trois grands points.

La séparation des époux depuis un an

Vivre séparément depuis un an est un motif de divorce valable et qui peut être considéré par la loi. Si les époux vivent séparément, c’est qu’il a déjà une intention de ne plus faire vie commune. Ils veulent également ne plus partager la vie de l’autre. La loi considère généralement que vivre séparément signifie ne plus vivre sous le même toit. Toutefois, si un époux arrive à prouver son intention de vivre séparément malgré le fait qu’ils vivent encore sous le même toit,  la demande de divorce est donc tout à fait recevable dans le cas où les époux :

  • Font chambre à part.
  • Communiquent peu ou pas du tout.
  • N’a plus aucune relation sexuelle.
  • Ne se rend aucun service domestique mutuel.
  • Ne mangent pas ensemble.
  • Ont des vies sociales indépendantes.
  • Font séparément leur épicerie.

À la fin, seul le juge pourra décider si les époux vivent effectivement séparément depuis un an.

L’adultère

L’adultère est le fait d’avoir des relations sexuelles avec une personne autre que son époux. C’est donc un motif valable pour demander le divorce. Toutefois pour que l’autre puisse invoquer l’adultère, il faut absolument que l’époux ait eu des relations sexuelles avec son amant. Une simple rencontre en cachette avec un amant ne peut pas donc être considérée comme un adultère. Ce motif est donc uniquement réservé à l’époux trompé, car une demande conjointe pour adultère risque de refuser une demande de divorce. Il convient également de préciser que dans le cas où l’époux trompé a pardonné son époux pour son adultère, il ne pourra plus servir ce motif comme cause de divorce.

La cruauté physique ou mentale

Lorsqu’un des époux s’attaque physiquement à l’autre, on parle de cruauté physique. Les exemples les plus fréquents sont les suivants :

  • Blesser son époux.
  • Battre son époux.
  • Abuser sexuellement de son époux.

On parle par contre de cruauté mentale quand un époux blesse ou fait souffrir l’autre sans aucune agression physique :

  • Harceler et insulter son époux.
  • Menacer l’époux ou sa famille.
  • Entretenir une relation avec un amant.

Avec ces actes de cruauté, la cohabitation avec l’autre devient le plus souvent intolérable. Avant d’accepter la demande de divorce, le juge analysera avant tout la situation suivant plusieurs facteurs :

  • Caractéristiques propres à chacun des époux.
  • Leur caractère intentionnel.
  • Les actes posés avec leur fréquence et leurs conséquences.

Tout comme avec l’adultère, seul l’époux victime peut prononcer le motif de cruauté physique ou mentale en cas de divorce. Et si la victime a déjà pardonné son époux, ce motif ne peut plus être utilisé comme motif de divorce.

Comment se passe la procédure de divorce par consentement mutuel ?

Dans l’imaginaire collectif, une procédure de divorce renvoie à des moments de stress et d’angoisse. Mais certaines difficultés peuvent être évitées si l’on est bien informé sur le sujet et bien encadré tout au long du déroulement de la procédure. Vous souhaitez en savoir plus ? Nous vous disons tout dans cet article. 

Étapes de la procédure de divorce par consentement mutuel

Pour comprendre la procédure de divorce par consentement mutuel, il est nécessaire de connaître les différentes étapes de cette procédure. Tout d’abord, vous devez savoir que c’est la plus rapide des procédures de divorce. Le fait que les deux époux lancent cette procédure d’un commun accord rend les choses plus faciles. Dans un premier temps, les deux époux devront trouver des avocats. Il est même possible qu’ils s’entendent pour avoir le même avocat. Ils devront ensuite discuter des termes du divorce (autorité parentale, partage des biens en commun, pension alimentaire, montant de la prestation compensatoire) en présence des avocats. Après entente sur ces différents points, les avocats pourront rédiger la convention de divorce et l’adresseront à leurs clients respectifs par lettre recommandée avec accusé de réception. Une fois la convention signée par les deux parties, les avocats enverront le document à un notaire qui devra s’assurer qu’il soit conforme à la réglementation en vigueur. Il l’enregistrera alors et enverra le justificatif à l’avocat qui se chargera d’informer le fisc.

Divorce par consentement mutuel avec et sans juge 

Le divorce par consentement mutuel devant un juge intervient lorsque l’un des époux est sous tutelle ou lorsque le juge désire entendre l’un des enfants mineurs. Le divorce par consentement mutuel sans juge est en vigueur depuis Janvier 2017. Il a été établi en raison de l’encombrement des tribunaux. Il permet de voir l’aboutissement de la procédure après 2 ou 3 mois seulement. S’il arrive que les époux soient en désaccord au cours de cette procédure, ils devront faire part à leurs avocats de leur souhait de recommencer la procédure à zéro. 

Avis sur le nouveau divorce par consentement mutuel

Le nouveau projet de réforme de la Justice fait actuellement l’objet de toutes les préoccupations des populations françaises, notamment les professionnels de Droit. Aussi, avocats, notaires et magistrats ont avancé leurs avis notamment contre ledit nouveau divorce par consentement mutuel.

Disposition de la nouvelle loi sur la procédure de divorce

De par le projet de réforme de la Justice, le ministère de la Justice prévoit un changement sur la procédure de divorce afin de simplifier le divorce. Auparavant, le divorce était hors consentement mutuel, c’est-à-dire la phase de divorce a été toujours précédée par une audience en vue d’une procédure de conciliation. Le gouvernement considère cette dernière comme n’étant plus efficace, complexe et trop longue. Désormais, avec la nouvelle loi, cette phase d’audience de conciliation sera supprimée et on peut tout de suite passer à la procédure de divorce, un divorce par consentement mutuel.

Impact sur les professionnels de la Justice

Lors de cette nouvelle loi, les avocats verront leurs rôles renforcés. Ils devront en effet informer les époux sur les impacts du divorce notamment sur l’intérêt des enfants, ce qui constitue également un réel gain de temps pour les professionnels concernés comme les greffes. Puis, en ce qui concerne les notaires, ils trouveront désormais tout leur sens sur le conseil et l’accompagnement de leurs clients notamment lors de la liquidation des biens immobiliers. Par contre, le rôle des juges aux Affaires Familiales se trouve un peu réduit en l’absence de l’audience de réconciliation. Pour conclure, Lea Smila, avocate a déclaré que ce n’est pas toujours bon de terminer la procédure de divorce plus rapidement. Puis, Laurent Desgous, juge aux Affaires Familiales, de rajouter que « la suppression de cette phase procédurale est susceptible de générer des conflits ultérieurs ».

Impact sur les divorcés

La suppression de la phase de conciliation lors du divorce présente des avantages et des inconvénients suivant la situation des demandeurs de divorce. Pour les couples qui n’ont pas des enfants, ce nouveau projet de réforme de la loi de divorce est avantageux. Ils n’ont plus en effet à se rendre au Tribunal ni à voir un juge pour obtenir un divorce dans le plus bref délai, ce qui est également un réel avantage pour ceux qui ne sont pas propriétaires d’un bien immobilier où il n’y aura pas de liquidation. En revanche, la disposition de cette nouvelle loi de divorce ne convient pas notamment à l’intérêt des enfants, ce qui affecte en effet l’audition de l’enfant et présente ainsi un grand risque.