Les trois causes permises pour engager les procédures

En droit, on appelle motifs les causes du divorce. Les motifs pour divorcer sont les mêmes pour les deux époux, car l’homme comme la femme peut invoquer l’un des trois motifs pour engager les procédures de divorce. D’ailleurs, dans le cadre d’un divorce, un époux n’a pas besoin de l’approbation de l’autre pour obtenir l’accord. Peut-on donc demander un divorce pour n’importe quelle cause? Généralement, les motifs se classent en trois grands points.

La séparation des époux depuis un an

Vivre séparément depuis un an est un motif de divorce valable et qui peut être considéré par la loi. Si les époux vivent séparément, c’est qu’il a déjà une intention de ne plus faire vie commune. Ils veulent également ne plus partager la vie de l’autre. La loi considère généralement que vivre séparément signifie ne plus vivre sous le même toit. Toutefois, si un époux arrive à prouver son intention de vivre séparément malgré le fait qu’ils vivent encore sous le même toit,  la demande de divorce est donc tout à fait recevable dans le cas où les époux :

  • Font chambre à part.
  • Communiquent peu ou pas du tout.
  • N’a plus aucune relation sexuelle.
  • Ne se rend aucun service domestique mutuel.
  • Ne mangent pas ensemble.
  • Ont des vies sociales indépendantes.
  • Font séparément leur épicerie.

À la fin, seul le juge pourra décider si les époux vivent effectivement séparément depuis un an.

L’adultère

L’adultère est le fait d’avoir des relations sexuelles avec une personne autre que son époux. C’est donc un motif valable pour demander le divorce. Toutefois pour que l’autre puisse invoquer l’adultère, il faut absolument que l’époux ait eu des relations sexuelles avec son amant. Une simple rencontre en cachette avec un amant ne peut pas donc être considérée comme un adultère. Ce motif est donc uniquement réservé à l’époux trompé, car une demande conjointe pour adultère risque de refuser une demande de divorce. Il convient également de préciser que dans le cas où l’époux trompé a pardonné son époux pour son adultère, il ne pourra plus servir ce motif comme cause de divorce.

La cruauté physique ou mentale

Lorsqu’un des époux s’attaque physiquement à l’autre, on parle de cruauté physique. Les exemples les plus fréquents sont les suivants :

  • Blesser son époux.
  • Battre son époux.
  • Abuser sexuellement de son époux.

On parle par contre de cruauté mentale quand un époux blesse ou fait souffrir l’autre sans aucune agression physique :

  • Harceler et insulter son époux.
  • Menacer l’époux ou sa famille.
  • Entretenir une relation avec un amant.

Avec ces actes de cruauté, la cohabitation avec l’autre devient le plus souvent intolérable. Avant d’accepter la demande de divorce, le juge analysera avant tout la situation suivant plusieurs facteurs :

  • Caractéristiques propres à chacun des époux.
  • Leur caractère intentionnel.
  • Les actes posés avec leur fréquence et leurs conséquences.

Tout comme avec l’adultère, seul l’époux victime peut prononcer le motif de cruauté physique ou mentale en cas de divorce. Et si la victime a déjà pardonné son époux, ce motif ne peut plus être utilisé comme motif de divorce.

Comment se passe la procédure de divorce par consentement mutuel ?

Dans l’imaginaire collectif, une procédure de divorce renvoie à des moments de stress et d’angoisse. Mais certaines difficultés peuvent être évitées si l’on est bien informé sur le sujet et bien encadré tout au long du déroulement de la procédure. Vous souhaitez en savoir plus ? Nous vous disons tout dans cet article. 

Étapes de la procédure de divorce par consentement mutuel

Pour comprendre la procédure de divorce par consentement mutuel, il est nécessaire de connaître les différentes étapes de cette procédure. Tout d’abord, vous devez savoir que c’est la plus rapide des procédures de divorce. Le fait que les deux époux lancent cette procédure d’un commun accord rend les choses plus faciles. Dans un premier temps, les deux époux devront trouver des avocats. Il est même possible qu’ils s’entendent pour avoir le même avocat. Ils devront ensuite discuter des termes du divorce (autorité parentale, partage des biens en commun, pension alimentaire, montant de la prestation compensatoire) en présence des avocats. Après entente sur ces différents points, les avocats pourront rédiger la convention de divorce et l’adresseront à leurs clients respectifs par lettre recommandée avec accusé de réception. Une fois la convention signée par les deux parties, les avocats enverront le document à un notaire qui devra s’assurer qu’il soit conforme à la réglementation en vigueur. Il l’enregistrera alors et enverra le justificatif à l’avocat qui se chargera d’informer le fisc.

Divorce par consentement mutuel avec et sans juge 

Le divorce par consentement mutuel devant un juge intervient lorsque l’un des époux est sous tutelle ou lorsque le juge désire entendre l’un des enfants mineurs. Le divorce par consentement mutuel sans juge est en vigueur depuis Janvier 2017. Il a été établi en raison de l’encombrement des tribunaux. Il permet de voir l’aboutissement de la procédure après 2 ou 3 mois seulement. S’il arrive que les époux soient en désaccord au cours de cette procédure, ils devront faire part à leurs avocats de leur souhait de recommencer la procédure à zéro. 

Avis sur le nouveau divorce par consentement mutuel

Le nouveau projet de réforme de la Justice fait actuellement l’objet de toutes les préoccupations des populations françaises, notamment les professionnels de Droit. Aussi, avocats, notaires et magistrats ont avancé leurs avis notamment contre ledit nouveau divorce par consentement mutuel.

Disposition de la nouvelle loi sur la procédure de divorce

De par le projet de réforme de la Justice, le ministère de la Justice prévoit un changement sur la procédure de divorce afin de simplifier le divorce. Auparavant, le divorce était hors consentement mutuel, c’est-à-dire la phase de divorce a été toujours précédée par une audience en vue d’une procédure de conciliation. Le gouvernement considère cette dernière comme n’étant plus efficace, complexe et trop longue. Désormais, avec la nouvelle loi, cette phase d’audience de conciliation sera supprimée et on peut tout de suite passer à la procédure de divorce, un divorce par consentement mutuel.

Impact sur les professionnels de la Justice

Lors de cette nouvelle loi, les avocats verront leurs rôles renforcés. Ils devront en effet informer les époux sur les impacts du divorce notamment sur l’intérêt des enfants, ce qui constitue également un réel gain de temps pour les professionnels concernés comme les greffes. Puis, en ce qui concerne les notaires, ils trouveront désormais tout leur sens sur le conseil et l’accompagnement de leurs clients notamment lors de la liquidation des biens immobiliers. Par contre, le rôle des juges aux Affaires Familiales se trouve un peu réduit en l’absence de l’audience de réconciliation. Pour conclure, Lea Smila, avocate a déclaré que ce n’est pas toujours bon de terminer la procédure de divorce plus rapidement. Puis, Laurent Desgous, juge aux Affaires Familiales, de rajouter que « la suppression de cette phase procédurale est susceptible de générer des conflits ultérieurs ».

Impact sur les divorcés

La suppression de la phase de conciliation lors du divorce présente des avantages et des inconvénients suivant la situation des demandeurs de divorce. Pour les couples qui n’ont pas des enfants, ce nouveau projet de réforme de la loi de divorce est avantageux. Ils n’ont plus en effet à se rendre au Tribunal ni à voir un juge pour obtenir un divorce dans le plus bref délai, ce qui est également un réel avantage pour ceux qui ne sont pas propriétaires d’un bien immobilier où il n’y aura pas de liquidation. En revanche, la disposition de cette nouvelle loi de divorce ne convient pas notamment à l’intérêt des enfants, ce qui affecte en effet l’audition de l’enfant et présente ainsi un grand risque.