L’évasion fiscale et la directive européenne Atad

Depuis le début de l’année, le gouvernement prépare de grandes orientations d’un plan, pour lutter contre la fraude fiscale. Voilà pourquoi la Directive ATAD a été mise en place, afin d’intensifier cette lutte au niveau européen.

 

Une lutte contre l’évasion fiscale intensifiée

L’intensification de la lutte contre l’évasion fiscale au niveau européen, tel est le plan d’attaque de l’ATAD. La directive Européenne anti-évasion fiscale transpose une série de recommandations de l’OCDE. Cette directive est applicable aux contribuables qui sont soumis à l’impôt des sociétés dans un État membre de l’UE. Les filiales européennes dans les sociétés de pays tiers sont également concernées. Cette directive poursuit des objectifs importants tels qu’unifier le droit fiscal et international ou imposer les groupes multinationaux là où ils génèrent leurs bénéfices. Si elle n’est pas toujours comprise ou acceptée, cette directive marque réellement une avancée significative au niveau de la lutte contre l’évasion fiscale. Grâce à l’ATAD, tous les États membres seront étonnés de voir la création d’un socle commun à tous.

 

Le mode d’atteinte d’objectif

Atteindre de tels objectifs n’est pas une mince affaire. Les principales mesures sont la limitation de la déduction des intérêts. Bien que bon nombre de personnes fassent aujourd’hui taxer les plus-values latentes sur les actifs transférés, il existe toujours des exceptions à la règle. Une autre mesure et pas des moindres, c’est l’imposition à la sortie, qui tend à taxer les plus-values latentes sur les actifs. Il faut savoir que l’introduction d’une clause anti-abus générale permettra aux autorités fiscales de refuser. Ici, ce n’est pas le taux nominal qui compte, mais le taux d’imposition effectif. Une autre mesure est l’adoption de règles spécifiques aux sociétés étrangères contrôlées. Pour transposer cette directive en droit interne, les États membres auront jusqu’à la fin de cette année, toutefois sous réserve de certaines dérogations. Étant donné que la directive ATAD n’est qu’un socle minimum, les États membres sont libres d’adopter des mesures plus rigoureuses.

 

Des mesures concrètes pour cette lutte

L’ATAD comprend aujourd’hui 5 mesures concrètes, à savoir : La limitation de la déduction des intérêts, la taxation à la sortie, la disposition générale anti-abus, les règles Controled Foreign Compagnies ou un régime pour les filiales étrangères ainsi que les Hybrid Mismatches. Il faut dire que, si ce projet délicat soulève enjeux et questionnements c’est bien parce qu’il présente de multitudes de perspectives d’avenir pour l’Europe fiscale. En 2011, l’ambition première de l’ACCIS était les projets qui furent malheureusement abandonnés suite à un désaccord. Pourtant il a fait l’objet d’une première proposition de directive cette année-là. Alléger la charge administrative des entreprises et réduire les obstacles aux activités transfrontières tels sont aujourd’hui les paris à gagner. Garantir une imposition plus proche du lieu où les bénéfices sont réalisés est également une solution efficace dans cette lutte.